Mon histoire (6) : JE me soigne

board-752050_960_720 JE me soigne

Maintenant il faut que je me soigne. D’emblée je sais qu’il faut que je fasse les chimios. J’ai peur, terriblement peur. Christine me dit : « on ne te laissera pas y aller seule ». Je pense que cette petite phrase a été un déclencheur pour la demande d’aide.

Mais en attendant je dois rencontrer l’hématologue de l’hôpital de ma commune : j’y vais avec Mary, Sandra et mon fils. J’avais compris qu’il allait me donner le protocole de soins.

En fait, il me dresse un tableau de ma situation qui me semble noir ; il parle, je ne comprends plus rien ; je ne me sens pas respectée ; il ne respecte pas la présence de mon fils.

« Maintenant je vais vous faire un prélèvement de moelle osseuse » ;  » Quoi ? Mais qu’est-ce que c’est ? Expliquez-moi ?  » « Venez, je vous expliquerai en le faisant » ; « Non je veux savoir, je dois faire 8h de route en suivant ; est-ce possible ? »

Bref, à force de batailler, il finit par m’expliquer, et pour moi ce n’était pas possible d’une part que ce soit lui qui le fasse et de prendre la route après un tel acte. Nous sommes partis, j’étais en colère. Nous avons fait un débriefing au café pour que chacun(e) puisse exprimer ce qu’il / elle a ressenti. En arrivant chez ma tante et son mari avec qui je dois voyager, je suis toujours en colère. Là je prends la décision de ne pas continuer avec ce type. Le lendemain j’appelais Dr AB, mon médecin traitant en lui expliquant la situation : je ne peux pas continuer avec lui, comment peut-on faire ? « Je m’en occupe, je vous rappelle ». Le lendemain elle m’avait pris rendez-vous avec le Dr FH à Toulouse pour début janvier.

Ce jour-là, je suis accompagnée par Christine et Sandra. L’entretien avec le Dr FH est un peu tendu au début, du fait que j’arrive dans son service dans ces conditions-là, je pense. Mais, je vois comment elle prend soin de moi : elle me demande dans quelles conditions je vis, qui s’occupe de mon fils, mon background. Puis vient le moment où elle doit faire le prélèvement de moelle. Je sais que ça ne va pas être une partie de plaisir, Dr AB m’a averti. Dr FH est un peu nerveuse à l’idée que mes copines soient là dans la même pièce : « les filles êtes-vous sûre de supporter la situation ? » « Oui. » « Ok. Alors allons-y ». Elles ont supporté, moi moins bien : l’horreur !

Les examens sont de plus en plus douloureux : ponctions dans le poumon par la trachée, j’ai cru mourir étouffée ; lors de la ponction par la cage thoracique sous anesthésie locale, je demande à l’infirmière de me tenir les mains, j’invoque le fait qu’il faut qu’elle m’empêche de bouger ; mais en fait j’ai besoin de contact, de chaleur humaine. Dans la foulée ils doivent me faire une biopsie d’un ganglion que j’ai sous le bras : anesthésie locale, intervention, peur. Là je suis agréablement surprise ; une infirmière est là pour me parler, pour rester avec moi : nous discutons pendant que la chirurgienne opère. Ça se passe bien. Au retour je peux enfin manger. Sandra et une autre amie sont là. Et là coup de fil des flics : mon fils Jules est au poste, il a piqué un Kinder Bueno !! Je m’effondre. Son père et sa compagne gèrent l’histoire, heureusement.

A la fin du rendez-vous avec Dr FH, elle m’explique que les chimios vont démarrer d’ici à trois semaines, que je dois me tenir prête, car dès qu’une place se libérera je serai appelée le matin pour l’après-midi et cette première hospitalisation dure trois jours. Elle me prescrit un bilan gynéco au cas où. Tout va bien de ce côté-là. La gynéco m’avertit que les traitements vont sûrement avancer la ménopause, encore un truc à gérer. Bon ! Je mets ça de côté, ce n’est pas l’urgence.

 

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