La tenue intérieure

Dans cet article, je parle de quelques stratégies qui se sont mises en place rapidement. Je le formule de cette manière car elles n’étaient pas réfléchies. Je partais de mon ressenti, de la manière dont j’avais envie que le parcours de soin se déroule.

 

La tedisintegrating-girl-1325930_960_720nue intérieure

Frankl illustre cela en montrant combien le fait de soigner son corps, de s’habiller proprement, assure cette « tenue intérieure »[1] capitale pour résister à la désintégration. Effectivement, il était important pour moi d’être bien habillée pour aller à l’hôpital. Je ne pouvais pas me sentir négligée, car cela aurait signifié que je baissais les bras que je laissais de la prise à la maladie.

J’écoute mes soignants

Quand je vais à l’hôpital je ne veux pas être une malade. Je suis quelqu’un. Je ne suis pas qu’une patiente et les soignants ne sont pas que des soignants. Ce sont des personnes aussi. Le moyen que je trouve pour faire passer ce message, c’est de les écouter, c’est de nous écouter les uns les autres. Bien sûr, quand j’arrive à l’hôpital je parle de moi de là où j’en suis comment s’est passé l’inter-cure[2], c’est important. Mais je retourne la question et j’écoute vraiment.

De quelle manière le fait que je les écoute modifie leur regard. Sont-ils plus ouverts ?

Un ami m’a dit[3] : « si tu veux qu’on te comprenne, écoute ». En les écoutant on se rapproche. Je les comprends ils me comprennent mieux. L’espace de l’écoute les contamine. J’ai envie qu’ils rentrent dans mon monde. Et quand je les écoute, l’espace de communication s’ouvre. Cet espace de communication devient thérapeutique pour la relation : je ne suis pas une patiente mais une personne.

 

L’effort d’aller vers l’autre

Il m’est très difficile de m’intéresser à autre chose que ce truc énorme qu’est ce type de maladie, qui prend presque toute la place. C’est un réel effort que de lui demander de se pousser un peu de temps en temps. Et pourtant ça fait du bien d’oublier, ne serait-ce que quelques minutes ce qui se passe pour moi, l’état dans lequel je suis.

 

Passer à autre chose mais s’en servir

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Le temps passant, il devient de plus en plus clair que je dois me servir de cette expérience. Travailler dessus, y mettre de la compréhension me permettra d’éviter le choc post-traumatique. Je ne veux pas oublier, pas planquer sous le tapis. Sinon ça ressort à un moment ou à un autre et ça explose. Le travail d’écriture y contribue.

[1]Ibid., p.79.          

[2]Les 2 semaines entres entre deux injections.

[3]Alain Pontoppidan

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