Mon histoire (7) : le début des chimios

chemotherapy-448578_960_720Le début des chimios

Les jours passent. Chaque fois qu’arrive midi, je me dis ce n’est pas pour aujourd’hui. Mais l’hôpital de Toulouse m’appelle le 21 janvier à 14h. Il faut que j’y sois pour 16h30. Ce n’est pas jouable. Je suis hyper stressée : mes affaires sont prêtes mais j’ai peur, peur, peur ! Une amie me dit de visualiser les chimios comme un liquide doré qui me fera du bien. Je garde ça en tête et m’en servirai au moment.

Un ami décide de m’accompagner en VSL1 jusqu’à l’hôpital. Entre temps j’ai averti ma mère. Elle et son mari décident de partir le lendemain matin et me rejoindront directement à l’hôpital. Le téléphone portable est mon lien avec l’extérieur. Je suis dans une chambre avec une dame. J’ai amené des DVDs. Elle est contente. De temps en temps elle pleure, c’est une rechute. Je vais m’asseoir avec elle sur son lit et je l’écoute. Moi aussi ça me fait du bien car du coup je me centre sur elle et je suis moins dans mon stress, mes peurs.

Le lendemain ma mère et son mari arrivent ainsi que me tante et un ami. De temps en temps l’infirmière les fait sortir le temps d’une prise de sang, d’un examen. On ne posera pas le Port-a-Cath², il n’y a pas de place au bloc. La chimio se fera en intraveineuse. Les heures passent. Vers 17h, les poches de chimios arrivent. Les infirmières commencent à me poser le cathéter. Et là : la famille doit partir car il y a le repas à préparer, des choses à faire quoi ! Et moi je me sens abandonnée. J’exprime le fait que ce n’est pas le moment de me laisser, que ce que je redoute le plus commence. Ma mère retarde un peu son départ.

L’injection dure 5h. On m’a mis de la cortisone, ajoutée au stress je suis hyper speed. Avec la potence je marche dans l’hôpital, je téléphone aux copines, je leur dis que je suis tellement en forme que je vais rentrer à pied à Foix. La nuit je ne peux quasiment pas dormir. Ma voisine de chambre est branchée à une machine qui sonne régulièrement. Je ne ressens rien de particulier lors de cette première injection, à peine un début de nausée, mais l’infirmière rajoute un anti-vomitif. Elle me donne aussi quelque chose pour dormir. Je ne prends pas tout car la dose me paraît énorme.

Le lendemain les infirmières sont obligées de me réveiller car maintenant il faut que je m’en aille, elles ont besoin du lit. Sandra et une amie avaient prévu de venir me rendre visite avec un bon pique-nique. Du coup à peine sont-elles arrivées que nous repartons. Nous discutons avec l’aide-soignante qui fait le relais des médecins quand on ne comprend pas tout ou quand on oublie ce qui s’est dit. J’aime bien son contact, sa gentillesse, sa manière de dire : faites-vous plaisir surtout, mangez ce que vous avez envie. Je me sens bien. Je suis calme. Le rendez-vous est pris pour dans 15 jours, pour la prochaine injection : le 3 février.

1- Véhicule Sanitaire Léger
2- Un cathéter à chambre implantable (ou Port-a-Cath®) est un dispositif permettant une voie veineuse centrale permanente pour les traitements injectables ambulatoires à longue durée comme la chimiothérapie.

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