L’écriture : mettre des mots sur les maux

Les effets de l’écriture.

Alors que je suis en train de me documenter en vue d’écrire un article sur la question du lien, mes lectures m’amènent à une compréhension plus profonde de mon besoin d’écrire, de raconter mon expérience de maladie.
D’où vient ce besoin de raconter, de se raconter ? Quel(s) effet(s) la narration a-t-elle eu sur moi ?

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L’écriture de fin de formation1 et maintenant du blog dont l’évolution (identique pour chacun), va du concret à la distanciation. On peut y lire mon parcours thérapeutique lié à ce traumatisme. Plus je mets de la compréhension, mieux j’évite le choc post-traumatique, plus je guéris. Je m’éloigne du trauma mais je ne l’oublie pas ; je le transforme, j’en fais une force de vie (http://guerisoncancerattitudes.fr/approche-centree-personne-pierre-de-touche-existentielle/), je le reconnais comme un acquis initiatique.
Ce passage par l’écrit a un certain nombre de vertus. Il permet une relecture de ce passé. Je le visite, un peu comme un touriste, c’est-à-dire que je me mets à distance des évènements, tout en les regardant. Et là je peux commencer à mettre du sens, à analyser. Je peux alors établir un dialogue intérieur dans lequel je peux me voir et donner une consistance au sentiment d’exister.

Ecriture et thérapie

L’écriture est une forme thérapeutique bien connue et efficace en termes de mieux être immédiat. En effet, elle permet l’expression des émotions, de comprendre les évènements, et de mettre de l’ordre dans les idées après le chaos. Elle favorise aussi les prises de conscience.
L’expérience de la maladie, et de tout choc traumatique important donne l’impression que cette période-là est hors du cours de la vie normal, que c’est une enclave quelque part dans un ailleurs. L’écriture ramène ce temps dans le cours de la vie.
« L’écriture des problèmes de santé ne se réduit ni à la nosographie², ni à la radio ou échographie, écritures savantes du mal, compréhensibles souvent par les seuls professionnels. Perdre la parole sur sa vie après avoir perdu la santé renforce l’enfermement dans un cercle vicieux infernal ».3
Et si tout simplement, les écrivants du soi tiraient plaisir de cette écriture, sans jugement, sans contrainte.

Sources
1 – Mémoire « Guérison et Approche Centrée sur la Personne », 2014, V. Letellier, Formation à l’Ecoute Active, Rogers.
2- Le trésor de la langue française informatisé : http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=2072285295;
3- Récits de soi face à la maladie grave, textes réunis et présentés par Valéria Milewski et Fanny Rinck, Médecine du Langage, Lambert-Lucas, 2014.

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