La médiation aujourd’hui : définition et concepts par Justin Lévesque

Justin Levesque est spécialiste de la médiation familiale au Canada. Il a amené la médiation en France.

Voici un article où il donne sa vision de ce qu’est la médiation.

La médiation aujourd’hui : définition et concepts par                 Justin Lévesque

Introduction

Il n’y a pas si longtemps déjà, on confondait les mots « méditation » et « médiation »! Si on connaissait l’importance et les bienfaits de la pratique contemplative, on ignorait l’existence de cette méthode d’intervention qui se situe à la jonction du domaine social et du domaine juridique. Aujourd’hui, l’idée de la médiation a fait son chemin. De plus en plus, le monde des affaires, le milieu du travail et l’appareil juridique réalisent que le prix émotif et financier à payer pour l’escalade des conflits est trop grand. Les poursuites judiciaires, les attaques armées et les menaces ne sont plus les seuls moyens de gérer les conflits; le concept de médiation s’impose. Il s’impose dans le monde social et aussi dans le monde juridique.

Je me propose ce matin de vous présenter la médiation, sa définition et son évolution, sa signification pour la société, ses concepts de base, ses avantages et le contexte de la pratique.

Cette méthode d’intervention s’est développée rapidement et est devenue une pratique partagée par plusieurs professions. Aujourd’hui on peut dire que la médiation a des assises de plus en plus solides; sa pratique est reconnue et son accessibilité est grandissante. On retrouve des pratiques de médiation dans différents milieux et pour toutes sortes de conflit, dans les cours d’école, dans les quartiers, dans les tribunaux, partout où il y a des conflits interpersonnels. Conçue à l’extérieur des sentiers conventionnels, la médiation familiale s’est vite imposée comme une approche efficace au moment de la séparation ou du divorce. D’abord, une intervention « à l’ombre de la loi », elle est rapidement devenue une intervention non seulement « formelle » mais subventionnée par l’État et parfois réglementée par l’État. Elle s’inscrit dans la foulée de la déjudiciarisation d’un certain nombre de contentieux tant dans le domaine familial que dans le domaine pénal qui a saisi le monde occidental à partir des années 1970,

En France, son évolution a fait des progrès rapides et dans des délais relativement courts. Aux Antilles, en peu de temps, grâce, entre autres, à la perspicacité de l’AMDOR et à la compétence des nouveaux médiateurs, on a vu des lieux et des services de médiation se créer et d’autres en voie de l’être. Peu ou pas d’approches ont fait l’objet de tels changements en un laps de temps aussi court. L’implantation de la médiation familiale se situe dans la lignée des mutations des sociétés modernes. Elle présuppose un changement dans la mentalité de la société; un changement d’attitudes et de comportements chez les individus et une nouvelle façon de communiquer au moment d’une séparation conjugale. 

Qu’est-ce que la médiation

La médiation est un processus de gestion des conflits interpersonnels qui procure aux protagonistes un forum leur permettant d’arriver, avec l’aide d’une tierce personne objective, à des décisions équitables conciliant les intérêts de chaque membre de la famille. C’est un processus basé sur le compromis plutôt que sur des rapports de force inégaux. Appliquée au domaine de la séparation et du divorce, la médiation familiale permet aux parents de travailler à la réorganisation de la vie personnelle et familiale de chacun des membres de la famille après la rupture du couple. Elle est une démarche confidentielle et consiste en une série d’activités structurées visant un résultat final, soit un protocole d’entente sur les objets en litige, lequel protocole pourra faire l’objet d’une légalisation. La médiation est tournée vers le futur; elle s’adresse à la réorganisation de la vie future. Elle invite les individus à dépasser leurs attitudes blâmantes et un passé qu’on ne peut refaire pour consacrer leur énergie à l’organisation d’un avenir qui sera le meilleur possible pour eux et leurs enfants. En d’autres termes, la médiation contribue à l’humanisation de l’expérience du divorce, au désengorgement des tribunaux, à la création de rapports de force plus justes entre les individus et à l’apprentissage de meilleurs outils de communication interpersonnelle.

La médiation: un changement de mentalité

Il est fréquent, au moment d’un divorce, d’entendre un conjoint s’écrier: « Tu parleras désormais à mon avocat… » « Je vais te traîner en cours »…. « je vais te laver… » « quand j’en aurai terminé avec toi, tu seras dans la dèche »…etc. La médiation en matière de divorce vient remettre en question cette mentalité, cette façon de faire et proposer d’autres avenues. On ne suggère pas que les conflits soient ignorés, mais plutôt utilisés pour amorcer une réorganisation familiale. En réalité, la médiation propose d’échapper à la mentalité juridique de notre civilisation. Elle cherche à définir des rapports de conflit autrement qu’à travers le droit, qui s’est approprié le discours du conflit dans notre société. Dans un sens, l’avènement de la médiation comme processus de résolution des conflits a quelque chose de « révolutionnaire ». Pendant des années, nos sociétés occidentales se sont toujours tournées vers le droit pour régler les conflits qui survenaient entre les individus. La tendance à judiciariser les conflits a toujours été omniprésente et la gestion des rapports humains régularisée par un code. Cela est d’autant plus vrai dans nos sociétés occidentales. Les Chartes des droits et libertés sont des exemples du recours à la loi pour normaliser le comportement humain. La profession juridique toujours bien structurée et bien établie a contribué à la rationalisation de cette présence du droit dans tous les rapports humains. Au-delà de cette présence existe une mentalité juridique que Guy Rocher, un sociologue québécois, présentait de la façon suivante:

« Non seulement le droit est-il omniprésent mais c’est plus encore la mentalité juridique qui l’est: notre mentalité occidentale est profondément imbue de la mentalité juridique, de l’esprit du droit et peut-être mieux encore de l’idéologie du droit, c’est-à-dire cette conception du monde qui fait que le droit y occupe une place essentielle ».

Cette mentalité est en train de changer. La médiation est porteuse d’un nouvel esprit et propose une autre façon de gérer les contentieux entre les individus. Dans le domaine familial, la médiation offre une vision plus globale des conflits interpersonnels. Elle tient compte de toute la réalité tant affective qu’économique et relationnelle. Les dispositifs informels permettent à différents savoirs, à différentes conceptions de la réalité, de circuler, de se composer et de se mélanger….etc. Il s’agit de reconstruire avec les acteurs et non pas à leur place.

Dans ce sens, la médiation n’est pas une technique d’intervention, elle est une façon différente de voir le conflit interpersonnel qui s’appuie sur de solides repères théoriques. Un recours au dialogue. Une représentation pacifique de la résolution des litiges interpersonnels. Une conception positive des conflits, une perception que les individus peuvent les dépasser, une croyance en la nature humaine et au potentiel des individus de faire appel à leurs forces personnelles pour surmonter les difficultés, même dans une période douloureuse de leur existence. Elle est l’expression d’une vision nouvelle du règlement d’un différend qui s’inscrit dans la foulée des transformations que subit notre société moderne. D’une certaine façon, on peut affirmer que, dans les rapports sociaux en ce début de siècle, la tendance n’est pas tant à la confrontation qu’à la recherche du consensus, de la concertation, du partenariat et de l’équilibre entre les différents systèmes en jeu.

En d’autres termes, la médiation est une gestion des conflits qui vient bouleverser notre conception traditionnelle des rapports humains. Elle exige qu’on mette en veilleuse l’esprit de vengeance pour continuer à être des parents sans vivre ensemble et qu’on apprenne à communiquer différemment et efficacement. Le processus de médiation suggère une réponse, une possibilité de gérer des conflits. Au lieu d’en favoriser l’escalade, on préconise d’utiliser le conflit pour regarder plus loin et développer une nouvelle vision qui inclura les besoins, les valeurs et les intérêts de chacun. D’une certaine façon, la médiation fait partie des utopies qui maintiennent les démocraties.

Quelques concepts de base

Le premier concept se réfère à une conception positive des conflits interpersonnels. Le conflit existe toujours en médiation et l’utilisation positive de celui-ci est l’élément essentiel à toute tentative de trouver une solution à un problème qui divise les individus. Le conflit est comme l’eau: une trop grande quantité cause des dommages aux individus et aux propriétés; une trop faible quantité produit un paysage sec, désert, sans vie et sans couleur. Il faut une dose de conflit pour permettre le renouvellement de la vie ou pour éviter de sombrer dans la routine que nous impose parfois la quotidienneté. Dans ce sens les conflits sont positifs; ils permettent d’ébranler les croyances, de questionner le statu quo et de faire émerger la responsabilité et la créativité. Un deuxième concept touche à l’organisation des arrangements reliés à la séparation et au divorce. Contrairement à la thérapie, la médiation comme une intervention brève se limite à la gestion des problèmes matériels concrets qui se posent au moment du divorce. C’est une des différences entre la médiation et la thérapie. Il ne faut pas confondre les deux. La médiation peut avoir des effets thérapeutiques mais elle n’est pas de la thérapie et ne prétend pas l’être. La médiation est une intervention brève qui vise à gérer les conflits reliés à des questions ponctuelles. Les conflits reliés aux comportements humains et aux problèmes associés à des troubles de personnalité sont mieux résolus en thérapie. La médiation s’intéresse à la gestion des problèmes courants et non à la résolution des problèmes personnels passés. Par exemple, la médiation tentera de trouver un terrain d’entente sur les questions qui concernent les responsabilités parentales après le divorce, mais les problèmes personnels ou conjugaux qui ont causé le divorce ne seront pas forcément résolus en médiation. Si la médiation diffère de la thérapie par ses objectifs, il existe entre les deux certaines similitudes. Elles partagent une fonction éducative et restructurante. Les deux partagent la même éthique sociale au sujet de la famille, visent à la solution des problèmes et privilégient l’autodétermination des individus, l’autonomie et la prise en charge des responsabilités. Enfin, toute deux favorisent la communication directe. De plus les deux approches visent l’estime de soi et supposent des compétences à gérer les conflits. Contrairement à la thérapie, la médiation met l’accent sur le présent et le futur et non sur le passé. Elle se centre davantage sur la tâche que sur l’expression des sentiments et met l’accent sur les données externes de la situation plutôt que sur les données internes qui sont l’apanage de la thérapie.

Un troisième concept concerne le désir pour chacun des individus de trouver une solution aux questions en litige et de sauvegarder les relations futures. Les conflits qui demeurent insolubles sont souvent liés à la difficulté de ne pas savoir comment les solutionner et non à un désir ne pas les solutionner. Les individus qui viennent en médiation ont le désir de trouver une solution. L’échec est souvent dû à une difficulté au niveau du processus plutôt qu’à une difficulté attribuable aux individus eux-mêmes. Il faut miser sur le positif et sur le désir des individus de se sortir d’une situation difficile plutôt que de s’en tenir à leurs limites personnelles. C’est d’avoir un regard positif sur le comportement humain et tabler sur le potentiel des individus. Les individus ont intérêt à garder des relations positives avec l’autre partie. En matière de divorce, les individus savent qu’ils continueront d’être des parents et qu’ils ont avantage à maintenir des liens positifs avec l’autre parent. S’ils sont convaincus de cela, ils seront motivés à trouver un terrain d’entente et des solutions qui seront mutuellement acceptables. Enfin, un quatrième concept a trait au pouvoir des individus de prendre des décisions, de garder le contrôle sur ce qui leur arrive plutôt que de demander à un tiers de décider pour eux. Ici, la médiation se distingue de l’arbitrage et de l’enquête sociale. Redonner ou laisser le pouvoir aux individus, voilà la pierre angulaire de la médiation. En ce sens, la médiation est davantage un processus qui facilite la prise en charge des responsabilités et l’autodétermination. L’individu a la compétence de savoir ce qui est bon pour lui et pour sa famille. La médiation devient une entreprise commune de collaboration entre le médiateur et les conjoints. La médiation rejoint ici un concept qui refait surface dans le domaine de l’intervention sociale soit celui de l' »empowerment ». Ce mot difficile à traduire en français signifie de permettre au client d’actualiser son pouvoir ou de prendre du pouvoir. Les uns l’appellent « autonomisation » ou encore une sorte d’autogestion de sa vie. Le système social à privilégier est celui dans lequel les personnes exercent un contrôle direct sur les décisions et évènements qui ont un impact sur leur vie quotidienne. C’est l’idée de la médiation. Cette idée d’une réappropriation active du pouvoir individuel et familial. Le médiateur facilite le processus de décision et les clients demeurent les responsables du projet. Ce principe, fondamental à la pratique de la médiation, n’est pas sans causer de difficultés. Lorsque la réappropriation du pouvoir par l’un des conjoints signifie une perte de pouvoir pour l’autre, l’équilibre est rompu. Là où un conjoint a subi une domination souvent manifestée par la violence physique, psychologique ou verbale, le processus de médiation ne rend pas toujours possible la réappropriation du pouvoir. Il est illusoire de penser que la médiation puisse contrer en quelques séances les effets d’une domination structurellement acquise au cours des années. Le médiateur ne peut fonctionner comme si cette violence n’existait pas. S’il n’a pas le mandat de solutionner les inégalités structurelles existantes dans la société, il se doit d’être conscient des limites de son intervention de façon à ne pas victimiser davantage les personnes déjà suffisamment marquées par une infériorisation due à leur socialisation ou à leur expérience familiale. Le défi du médiateur, à ce stade, est d’être capable de reconnaître les situations où la médiation s’applique et celles où elle est contre-indiquée. Nous reviendrons plus loin sur ce point.

Les avantages de la médiation Dans une étude réalisée au Québec il y a quelques années, les couples, lorsque questionnés sur les avantages de la médiation ont décrit la médiation comme un processus humain et humanisant qui leur a permis de vivre leur séparation d’une façon plus complète et plus intégrale. Ils ont eu le temps d’exposer leurs problèmes, de recueillir l’information nécessaire et d’envisager des options qu’ils n’avaient pas considérées au départ. Ils ont hautement apprécié la disponibilité des médiateurs pour de longues sessions parfois. Le climat de neutralité et de respect qu’ils ont rencontré en médiation les a aidés à demeurer ou à redevenir rationnels dans ce temps de crise où leurs émotions étaient à fleur de peau. Plusieurs ont souligné que le désamorçage du conflit émotif est un préalable à la capacité de négocier une entente par la suite. En général, on s’accordait pour dire que la médiation dédramatise la situation, encourage le respect mutuel entre les conjoints et réduit les tensions. Plusieurs personnes ont mentionné que la médiation les a assurées de l’équité des ententes prises. Certaines ont mentionné l’importance pour elles de garder un pouvoir de décision et d’élaborer des arrangements faits sur mesure. Aussi, plusieurs ont mentionné que la médiation leur a donné l’opportunité d’évaluer les possibilités de réconciliation. La médiation permet également aux individus d’établir eux-mêmes les normes de fonctionnement propres à leur situation plutôt que de se voir imposer un jugement vertical et hiérarchique qui se veut un contrôle social pas toujours efficace. En médiation, les parties développent des ententes où chacun n’a pas intérêt à transgresser la règle. C’est l’intérêt commun qui lie les parties et cimente les accords. Les dispositifs mis en place permettent aux parties de se contrôler réciproquement et rend les accords atteints en médiation parfois plus impératifs que ceux imposés par une autorité extérieure. À mon avis, la médiation va plus loin que l’intention première du législateur qui était de désengorger les tribunaux, de diminuer les coûts de la justice et de la rendre plus accessible. Elle fait partie des mutations de la société contemporaine. La médiation, dans cette perspective, est une nouvelle façon pour l’État de procurer un forum, un lieu où les parents en instance de rupture conjugale peuvent gérer leur séparation. Elle n’est plus seulement une solution de rechange au processus judiciaire traditionnel, elle fait maintenant partie intégrante de l’appareil judiciaire. Elle est devenue, au Québec, un nouveau moyen de régler les litiges. La médiation s’ajoute au système judiciaire sans le remplacer. C’est une option, un choix au même titre que le système traditionnel. Le contexte de la pratique de la médiation familiale

A la blague, un médiateur disait qu’il existe toujours deux histoires à un divorce; la nôtre et celle du menteur! Pourtant, la réalité, c’est que les deux disent la vérité! On présente deux versions d’une histoire de vie qui semblent se contredire totalement l’une l’autre mais qui, prises séparément, font autant de sens l’une que l’autre et semblent refléter la sincérité des deux personnes en processus de séparation ou de divorce.

Au moment de la rupture conjugale, deux tâches principales s’imposent au couple: d’une part, dénouer les liens d’une relation conjugale intime et, d’autre part, faire l’apprentissage d’un nouveau rôle parental, excluant la présence quotidienne de l’autre parent. La première déclenche une avalanche de sentiments, souvent négatifs et teintés de méfiance et de rancœur. Cette tâche est axée sur le passé et suscite la compétition. L’autre tâche gravite autour des arrangements liés à l’éducation et à l’épanouissement des enfants. Elle est orientée vers l’avenir et exige la coopération. Les parents oscillent entre ces deux attitudes et sont tiraillés par des sentiments contradictoires. La médiation a le mérite de séparer la conjugalité de la parentalité et le médiateur intervient dans cette perspective. Les questions qui se posent alors sont: comment aider les parents à passer de la compétition à la coopération et comment les aider à dépasser les sentiments négatifs pour mobiliser leurs énergies vers une prise de décision éclairée? Puisque des années de vie intime ne peuvent se balayer du revers de la main, la première tâche est souvent synonyme d’animosité, de colère, de blâme et de vengeance. Si les relations humaines intimes sont la source des plus grands bonheurs, là aussi se trouve la source des plus grands malheurs. Les individus qui font le ménage de ces années d’intimité se retrouvent souvent en compétition et en opposition. Ils doivent se dégager de cet esprit pour en arriver à la coopération. Il y a là un passage difficile. Les conjoints en médiation ont d’abord tendance à se blâmer mutuellement pour leur irresponsabilité, s’accuser de tous les torts et clamer leur innocence respective.  » N’oublie pas que c’est toi qui est parti-e!  » entend-on souvent au moment de la rupture conjugale. La médiation n’encourage pas ce comportement et n’est pas intéressée à trouver un coupable. Dans cette perspective, la médiation ne cherche pas à savoir qui a raison. Ce n’est pas là la question. C’est de trouver les bases d’une entente, de permettre aux individus qui ont des difficultés liées aux décisions concernant la résidence et les contacts avec les enfants de faire le point sur leurs arrangements actuels, de les modifier au besoin, de les optimiser sans avoir à se déchirer devant les tribunaux et de faire l’apprentissage d’un nouveau mode de communication. C’est d’aider les gens à acquérir une vision différente de la vision parfois étroite qu’ils apportent en médiation.

Responsabiliser les parents

La médiation semble l’outil privilégié pour aider les parents à continuer d’être des parents. Le rapport du Sénat canadien (1998) intitulé « Pour l’amour des enfants » préconise le recours à la médiation pour faciliter la prise en charge des responsabilités parentales. Le rapport mentionne, dans plusieurs de ses recommandations, l’importance de la médiation pour défendre et préserver les intérêts des enfants. On met de l’avant l’utilisation de la médiation pour permettre aux enfants le respect de leurs droits fondamentaux au moment du divorce ou de la séparation. On fait appel ici à une vision plus large des problèmes conjugaux qui englobe la collaboration ou la création de ressources communautaires telles les maisons de familles pour développer les compétences parentales et l’entraide dans une perspective de promotion de la famille. Ici, la notion « d’empowerment » qui refait surface en intervention psychosociale est utile. Cette notion consiste en une réappropriation active du pouvoir par les individus, les familles et les collectivités. C’est ce que la médiation promeut.

Les limites de la médiation Les plus récentes recherches ont démontré que la médiation n’est pas une panacée, une solution universelle à toutes les difficultés interpersonnelles. Un certain nombre de personnes ne règlent rien en médiation, voient l’expérience comme négative et demeurent engagées dans de longues batailles légales pendant plusieurs mois sinon des années. Quand les parents ne sont pas motivés par la recherche de la meilleure solution pour leurs enfants, quand il y a colère et une vengeance insurmontables au sujet du nouveau conjoint ou de la nouvelle conjointe de l’autre parent; quand les parties utilisent la résidence ou les contacts avec les enfants comme éléments de marchandage dans les négociations; quand il y a eu des menaces et de l’intimidation physique; quand il y a eu de l’abus psychologique et physique au point où on a dû faire un signalement à la Protection de la jeunesse; quand les parties ne veulent pas divulguer les informations pertinentes à une négociation juste, la médiation n’est pas toujours efficace ou encore appropriée.

Conclusion

La médiation est avant tout un acte clinique puisqu’elle se crée avec chaque cas, avec chaque situation. Quel en sera l’avenir? Comme nous l’avons mentionné, l’intégration de la médiation au système judiciaire a amené plusieurs changements. Aussi, l’application et l’utilisation, dans d’autres domaines tels la famille, l’école, les associations, etc. des techniques de médiation pour assister les individus à négocier leurs conflits interpersonnels sont de plus en plus fréquentes. Si on assiste à un changement de mentalité dans le domaine du divorce, pourquoi les autres domaines en seraient-ils exclus? Laisser le pouvoir aux clients et les accompagner dans leur démarche parentale demeurent, à mon sens, la contribution principale de la médiation.

En terminant, je voudrais dire que le thème du congrès  » La médiation familiale aux couleurs arc-en-ciel  » est très approprié. Car, la médiation, c’est un peu comme un arc-en-ciel; il est plein de couleurs et, avec la complicité du soleil, se manifeste à travers la pluie. C’est l’espoir après la tempête. C’est le signe de journées meilleures après une période difficile de la vie familiale.

in : http://amdor.2000.pagesperso-orange.fr/Manifestation/Seminaire/mediationArcEnCiel0/Justin%20LEVESQUE(1).htm, le 12/11/2017

 

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