La médiation dans l’Approche Centrée sur la Personne

 

L’article que je propose ci-dessous est une synthèse de la formation à la médiation que j’ai suivie auprès de Sébastien Daix – Acp Intégrative.

 

 

La médiation : un outil

Le conflit survient quand il y a rupture dans la communication ce qui amène de l’incompréhension. Cette situation génère des émotions négatives comme du mal être, de la frustration, un décalage avec soi, avec l’autre, de la fatigue, de la souffrance, de l’enfermement, de la colère, de la violence…

Et les difficultés augmentent d’autant plus que l’on ne sait pas comment s’en sortir.

Faire appel à un médiateur-trice implique que tous les protagonistes souhaitent sortir de l’impasse générée par le conflit.

La solution trouvée en médiation est ajustée à chacun, c’est du cousu main : c’est un système gagnant-gagnant.

Ci-dessous je vais dérouler les différents éléments faisant partie de la médiation.

Le conflit

S’il y a demande de médiation, c’est qu’il y a conflit. Ce conflit résulte d’incompréhensions entre 2 ou plusieurs personnes qui entrainent de la frustration, de la colère, du mal-être, de la violence parfois. Il y a donc un problème plus ou moins important de communication.

Voici un champ lexical autour du terme conflit (réalisé en formation) :

plusieurs personnes Familiaux, sociaux Energie
Intérieur  Interaction Gérer
Médiation Résoudre Stérile
Joie Fatigue    Tristesse
Ecoute Parole Mal être
Incompréhension  Frustration Débordement
Non-dit Colère  Compromis
Non écoute Blessure Souffrance
Non communication Enfermement Echec
Impuissance  Non contrôle de soi ….

Comment peut-on définir le conflit

  • « Situation créée par un décalage interne, un manque de communication entre deux ou plusieurs personnes qui engendrent des sentiments négatifs. »
  • « Le conflit est une situation d’incompréhension qui engendre un blocage de communication qui génère un panel d’émotions, qui induit, si on le souhaite une recherche de solutions ou d’explication(s). » Le « si » ici induit la liberté de chacun.

Ces 2 définitions ont été élaborées lors de la formation à la médiation par les participants.

  • Voir l’article de Justin Lévesque : par ici

La médiation propose une vision constructive du conflit. Si on parle médiation c’est qu’on pense pouvoir trouver une ou des solutions au problème.

Le pouvoir

Champ lexical autour de cette notion, réalisé en formation :

Peur Pouvoir sur Violent
Obligation Irresponsabilisation Peine
Potentiel Possesion Ordre
Utiliser Violences Volonté
Ultime Imposer Injustice
Rigidité ….  

On le voit ici, la notion de pouvoir a une réputation plutôt négative. En fait il y a plusieurs sortes de pouvoirs. Il en est de positif.

Dans tout phénomène de pouvoir il y a 3 termes :

Détenteur du pouvoir ———————– Cible

                                                                             Relation

Ça ne dit rien de quel type de pouvoir il s’agit. On peut déjà dire qu’il s’agit d’une relation qui lie son détenteur et une cible.

Michel Foucault : « Le pouvoir désigne un jeu de stratégies, un réseau mobile, un ensemble de rouages et de foyers, d’actes minuscules, fragmentés, divers, éparses, aux lignes de forces changeantes »

                         « Le pouvoir n’est pas une substance. Il n’est pas non plus un mystérieux attribut dont il faudrait fouiller les origines. Le pouvoir n’est qu’un type particulier de relation entre individus ».

Jacqueline Russ in « Les théories du pouvoir », Poche 1994. « Le pouvoir traverse toutes les relations sociales : les groupes, les élites, les familles, les ensembles sociaux et divers, les entreprises économiques, les multiples champs intellectuels ».

« Le pouvoir : on peut le désigner par la compétence. Cet ensemble de connaissances, de capacités et de qualités reconnues et approfondies qui confère le droit de gouverner et de décider ».

« Rien d’étonnant à ce que le pouvoir désigne aussi une capacité d’action sur soi, puisque la faculté d’agir peut aussi s’exercer sur soi et sur sa conduite ».

« Nulle existence orientée, mesurée et maîtrisée sans capacité d’action sur soi-même, promesse d’une forme de souveraineté et de liberté ».

Le médiateur – la médiatrice

Ses valeurs

Le médiateur n’a pas d’apriori, il est impartial et est à l’écoute. Il fait confiance au processus, il fait confiance à la capacité des personnes à trouver leurs solutions.

Il ne prend pas partie.

Il n’a pas d’objectif de résolution

Il part sans objectif pour les autres

Il est intègre

Il adopte les valeurs de l’ACP : regard positif inconditionnel, non jugement, authenticité.

Il est dans la recherche de la vérité de chacun.

Il a une capacité d’analyse

Il a une capacité à la compréhension

Ses fonctions

Il est médium – média.

Il permet l’écoute entre chaque médié.

Il permet de mettre en lumière le conflit.

Il permet de dénouer le fil du problème.

Il fait circuler la parole.

Objectif de la médiation

S’il y a résolution du conflit : gagnant / gagnant.

Chacun s’écoute.

Que chacun puisse s’exprimer.

Fait des propositions pour changer la situation.

Fait en sorte que les gens puissent s’approprier la relation, être autonome dans la relation.

Expliquer et faire comprendre le conflit.

Tenir le fil de l’histoire de chacun.

Arriver à l’apaisement et au respect.

Restaurer le dialogue et le lien entre les médiés.

Attitudes

Lâcher prise

Neutralité

Congruence et authenticité

Patience

Distance émotionnelle

Stratégies et techniques

Un médiateur est un facilitateur qui prend en charge le processus de la médiation et qui établit un cadre rassurant, sécurisant et bienveillant. Son objectif est d’amener les médiés à sortir du conflit par eux-mêmes vers une solution satisfaisante pour eux. Pour se faire, il est impartial, neutre, réceptif, objectif et doué de compréhension empathique.

La neutralité du médiateur

La neutralité s’entend à plusieurs niveaux dans la médiation. Soit elle est un frein, soit au contraire elle la favorise.

  • Impartialité du binaire : j’ai raison, tu as tort ; ce n’est pas celle du médiateur.
  • Qu’est-ce que la neutralité : de l’abstention, du non engagement ou bien être impartial, être objectif. Mais est-ce qu’être impartial c’est être objectif ? L’impartialité est une référence normative.
  • Et la neutralité : détachement émotionnel ?

Réponse : partir de son ressenti et le transformer en question, être conscient de ses pensées.

  • La Neutralité : non engagement synonyme de « pas de prise de parti » ? Pas de coalition ?

Neutralité comme un effet produit sur les clients par le comportement du thérapeute.

Il s’agit de neutralité dans la conduite des entretiens ou bien peut–on parler de partialité pluridirectionnelle. Là, la neutralité devient curiosité : je t’entends, je t’entends aussi, j’entends ce qui se passe dans votre relation, je suis curieuse de chacun.

La neutralité devient alors un outil thérapeutique. La neutralité bien utilisée par le médiateur devient un outil.

Médiation

La justice propose un système perdant/gagnant, une solution prête à porter. La médiation, elle propose un système : gagnant/gagnant, c’est du cousu main. Avec la médiation, les protagonistes arrivent à positiver sur une situation négative.

Esprit de la médiation : que la situation soit co-construite. Il faut vivre le conflit pour pouvoir se donner une chance de le résoudre.

Cadre posé par le médiateur : sentiment de sécurité favorisé par la bienveillance et le non jugement qui permettent la compréhension ; l’accueil qui permet l’écoute.

Moi en tant que médiateur

Comment j’endosse ce rôle. C’est une véritable écoute de chacun des médiés c’est-à-dire avec les postures rogériennes de non jugement, d’accueil inconditionnel, de bienveillance.

Ce qui peut à mon sens, se rapprocher de la partialité pluridirectionnelle mentionnée plus haut. Cela me remet aussi en tête le texte de Maria Villas-Boas-Bowen où le thérapeute visite l’intérieur de chacun avec ce que je suis où je peux m’écouter tout en me mettant suffisamment  en retrait afin de libérer ma curiosité.

Ce qui peut être une aide et un obstacle suivant l’endroit où je place cette frontière  et en fonction de la porosité de cette frontière :

  • Si elle est étanche, la personne ne se sentira pas entendue,
  • Si elle est trop poreuse, s’il y a trop de parti pris, l’un des médiés se sentira lésé.

Donc chacun doit se sentir entendu, compris. Et le fait que chacun voit que l’autre peut être entendu, compris, cela transforme la vision de chacun des médiés sur l’autre, sur le conflit.

 

Système gagnant/gagnant

 

 

 

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