Mon histoire (12) : dernière ligne droite

Dernière ligne droite

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, la maladie non plus. Le 3 août c’est l’avant dernière chimio. Je supporte un peu mieux les injections depuis qu’il n’y a plus la bléomycine, mais j’en ai assez. Je sens qu’il est temps que ça s’arrête. A la fin de la cette injection le corps s’exprime : diarrhée très importante. Est-ce que je vais arriver à rentrer à la maison ? Je demande du Smecta. Ça fonctionne, le retour se passe bien.
Ce jour-là Geneviève et François m’accompagnent. Comme toujours quand nous sommes tous les trois, nous délirons beaucoup, les repas sont toujours bons.
Quelques jours plus tard je commence à avoir des douleurs dans le bas du dos. Le dimanche elles deviennent plus importantes, j’appelle les urgences qui m’envoient le médecin de garde. Il diagnostique une tendinite fessière. J’arrive à contrôler les douleurs avec du Cephyl un mélange homéopathie et aspirine. Il doute et me prescrit donc un anti-inflammatoire et un puissant antidouleur. Les jours passent les douleurs viennent par crise et s’intensifient. Je vais voir Dr AB. Nous faisons une analyse d’urine. Il y a des cristaux d’acide oxalique ; ce sont des crises de coliques néphrétiques. Les crises sont de plus en plus longues et arrivent surtout la nuit. Je ne veux pas aller à l’hôpital, ni être placée sous morphine. Alors je fais avec la douleur. Lorsque les crises surviennent, je ne peux ni m’asseoir, ni m’allonger, aucune position ne me convient, ni me soulage. On dit que la douleur d’une crise correspond à un accouchement. J’ai accouché donc jusqu’à huit fois par jour. Les antidouleurs ne m’aident pas. Je gère cette douleur en rangeant la maison, en triant mes papiers, en cuisinant. Je n’ose pas sortir la nuit pour marcher car j’ai peur qu’il m’arrive quelque chose, mais je ne peux pas rester en place. Les crises sont de plus en plus longues, la dernière nuit elle dure 14 heures. Ma sœur va arriver avec ma nièce et m’emmener chez ma mère. Est-ce possible ? Je me dis qu’avoir mal ici ou là-bas… Alors que ma sœur est en route, je lui raconte en pleurant ma douleur, elle décide de faire une pause à Toulouse, pour que je me repose !! Là encore je me sens lâchée. Elles arrivent dans la soirée. Je suis fatiguée mais la douleur s’est éloignée. La nuit je dors peu, mais je n’ai pas mal. Le lendemain nous partons pour le sud-est. Nous pique-niquons au bord de la mer. Ça fait du bien. Nous arrivons chez ma mère. La nuit j’ai une crise d’un quart d’heure, ce sera la dernière.
L’équipe médicale, au vu de mes bons résultats décide de ne pas me faire la dernière chimio. Ouf ! A la place, avec l’amie qui devait m’accompagner nous allons nous baigner au lac de Montbel. Quel bonheur !

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