Mon histoire (4) : le chaos

image bateau dans la tempete Le chaos

    Il y a déjà deux ans que j’ai des symptômes. Mais je mets ça sur le compte de la pré-ménopause, avec le recul ça n’a aucun sens, justement je ne trouve pas de sens à cela. Mon état s’empire. Je tousse beaucoup et mes remèdes n’y font plus rien. Je prends rendez-vous avec mon médecin traitant, Dr AB : « vous allez faire une radio, histoire de vérifier ». A partir de là c’est la plongée. D’abord je coule à pic : « c’est grave,  vous êtes jeune il faut faire vite « . Ouf ! Mary (une amie, thérapeute) me téléphone : « qu’est-ce que tu as ? » « Je crois que c’est ça » (j’ai déjà l’intuition que c’est un cancer). Nous nous comprenons.

    J’appelle Diane, thérapeute ; je sais que la maladie n’arrive pas par hasard ; d’accord mais pourquoi ? Avec Diane, nous commençons à mettre du sens alors que le diagnostic n’est pas posé.

    Je me sens anéantie physiquement, je n’ai plus de force, il faut que je déménage, la proprio ne veut plus me voir et rend les conditions difficiles, je viens de me faire plaquer. En même temps que cette gestion-là, les rendez-vous à l’hôpital arrivent, voire se bousculent, et Jules mon fils ? Et les autres, ma famille, mes amis… Qu’est-ce que je vais dire ? Je choisis de dire, je ne me sens pas de mentir, en plus ce n’est pas cela qui va m’aider. Trouver des personnes ressources, en fait ce sont elles qui me trouvent, si je puis dire.

    A la fois je suis anéantie physiquement, le moral est bas, très bas, je ne sais pas encore si je vais m’en sortir, vivre, voir mon fils, grandir. Je pense à lui tout le temps. Il me téléphone alors que je viens d’apprendre que je suis malade, très malade. Je n’ai pas pu préparer ce que je lui dis, difficile pour lui d’encaisser de comprendre.

Quelque chose émerge du chaos

    L’anéantissement dont je parle plus haut n’est pas synonyme d’apathie. Non il y a autre chose qui commence à émerger. Très rapidement je me positionne très clairement face aux médecins. J’ai besoin d’aller à mon rythme, pouvoir comprendre et digérer ce que l’on me dit, informer mon entourage, et faire mes choix. Le pneumologue me comprend, nous gérons ensemble : il m’explique qu’il ne faut pas tarder à faire les examens mais comprend lorsque je demande de reculer un rendez-vous d’une semaine. Il me taquine avec ça. D’ailleurs il y a toujours de la place quand j’en ai besoin.

    Sur le plan matériel les ami(e)s et la famille me viennent en aide : faire les travaux de peinture dans le nouvel appartement, mettre en carton, déménager les affaires au fur et à mesure. Lors d’un séjour à l’hôpital, ma tante, son mari, ma mère et son mari, Geneviève, une amie aménagent le nouveau logement. Lorsque je rentre tout est prêt. De temps en temps je téléphone à l’une ou l’autre pour savoir où se trouve le sel, ou les casseroles.

equilibre

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