Mon histoire (9) : je n’en fais qu’à ma tête !

hope-241086_960_720Je n’en fais qu’à ma tête

En même temps il faut que je me positionne toujours face à l’interne : « Vous n’en faites qu’à votre tête madame Letellier ! ». Je fais ce qui me semble être bon pour moi et il n’y a que moi qui le sache, je fais confiance à mon ressenti. Mais ça ce n’est pas entendable pour elle.

Les réactions peuvent aussi être assez drôles lorsque je parle des compléments alimentaires que je prends à côté. Les internes que je rencontre ne sont pas du tout ouverts aux soins alternatifs. Dès que je peux j’en parle à mes voisines de chambres. Il y a de tout comme réactions : de celle qui ne peut pas entendre jusqu’à celle qui note tout ce que je dis.

Encore un coup dur

Le Port-a-Cath n’est plus utilisable. Nous sommes début mai. Il va falloir repasser sur la table d’opération. Là, hors de question de faire ça à Toulouse, ce sera à Foix. J’avertis Dr AB. Il faut que ce soit fait dans les 15 jours, avant la prochaine injection. Je sais que je peux compter sur elle comme interlocuteur avec l’hôpital. En plus il y a le bilan intermédiaire à faire dans la même période. L’intervention est prévue, sauf que le lendemain je dois retourner à Toulouse pour le bilan : TEP Scan* et scanner. C’est trop, il faut décaler le TEP. J’appelle l’hôpital de jour pour les avertir et faire le nécessaire pour décaler le bilan. Le chef de service est odieux, je me fais engueuler ; « Vous vous rendez compte Madame Letellier, vous êtes 150 et si vous faites tous pareil ? » Est-ce que tout le monde fait pareil ? Non. Je lui rappelle que l’intervention précédente a été non seulement une boucherie, et que la pose a été ratée : la chambre du Port-a-Cath ressort, la peau commence à se déchirer autour. Il ne veut pas s’en occuper, quel con ! Je téléphone au service du TEP et explique la situation. La dame qui me répond comprend très bien la situation et me trouve un autre rendez-vous. Je suis à nouveau très stressée, à des moments paniquée et en même temps il y a quelque chose en moi qui assure : je passe les coups de fil nécessaires et les choses se mettent en place comme il faut.

Pour l’intervention je demande une anesthésie générale ; l’expérience précédente est encore trop présente à mon esprit. Je m’endors dans la salle d’opération, et me réveille dans une autre salle, tout va bien. Avec l’infirmière présente nous avons un échange très émouvant. Elle me parle de son expérience en tant que malade, elle a eu la même chose que moi, il y a 17 ans. Je n’ai pas besoin d’être rassurée mais son contact, sa douceur, sa façon de prendre soin m’émeuvent beaucoup, me font du bien.

Quelques jours plus tard je vais à Toulouse pour le bilan. C’est un examen toujours long mais pas douloureux : il y a une injonction d’un produit marqueur (radioactif), puis il y a un scanner complet de ma personne, et il faut que je sois à jeun.

A cette période, dans mon for intérieur je sais que la maladie a reculé. Je sais que la tumeur qui englobait l’aorte et la bronche est partie. L’énergéticienne qui me suit est optimiste.

* Tomoscintigraphie par Emission de Positons : une méthode récente d’imagerie médicale pratiquée, en France, par les spécialistes en médecine nucléaire qui permet de mesurer en trois dimensions une activité métabolique ou moléculaire d’un organe grâce aux émissions produites par les positons issus d’un produit radioactif injecté au préalable.

Jpeg
Dans mon jardin

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