Une autre notion de l’ACP : le lieu d’évaluation externe

Le semaine dernière je parlais du lieu d’évaluation interne : faire confiance à ses ressentis et l’importance que cela avait eu dans mon parcours.

En premier lieu je donne une définition du lieu d’évaluation, puis je développe le lieu d’évaluation externe.

Définition : lieu d’évaluation.

Cette notion a trait à la source des critères appliqués par le sujet dans l’évaluation de son expérience. Quand cette source est interne, inhérente à l’expérience, nous disons que le centre d’évaluation se trouve dans le sujet (lieu d’évaluation interne).

Par contre, quand il applique l’échelle des valeurs d’autrui, nous disons que le centre de son évaluation réside en autrui (lieu d’évaluation externe).1

Le lieu d’évaluation externe

Nous parlons de lieu d’évaluation externe quand la personne se détermine en fonction de critères qui lui sont extérieurs. Bien sûr il y a des degrés différents d’une personne à une autre mais aussi pour la personne en fonction de la situation rencontrée. Ce phénomène est très important lorsque la personne ne se fait pas confiance, lorsqu’elle ne fait pas confiance à son organisme, à son ressenti d’une situation. Alors elle s’en remet à l’extérieur, à l’autre. Ceci peut provoquer une grande incongruence chez celle-ci puisque ses propres ressentis sont niés, et ainsi cela laisse la place à la pathologie. Je mets l’accent sur cette dimension du lieu d’évaluation externe car elle est pré-dominante chez moi.

L’interaction avec l’environnement et en particulier l’interaction évaluative avec les autres, a pour résultat la formation de la structure du self, paterne conceptuel fluide, organisé et logique de la perception des caractéristiques et des relations du « je » et du « moi » et des valeurs qui sont attachées à ces concepts.2

Ce qui signifie que l’on fabrique sa personnalité en fonction des autres et dans l’interaction avec les autres. Le self est un processus fluide et souple quand il fonctionne bien mais, souvent il est rigide et fixe. Petit à petit dans l’interaction avec les autres il y a une différenciation ; il y a donc apparition d’un « moi », du « je » ; le « moi » c’est la base de données expérientielles que j’ai à un moment donné, et le « je » c’est la capacité créative de la personne à faire quelque chose avec ça et en plus il y a la valeur que je donne à mon « moi » et à mon « je », donc l’estime de soi. Donc il y a le « moi », le « je » et l’estime de soi dans le self. Aussi quand cette différenciation ne se fait pas complètement, quand la personne ne peut faire appel à ses propres ressentis, le self se rigidifie. En fait cette incongruence s’installe si l’entourage de la personne adopte « des attitudes qui consistent à « me » refuser en tant que personne et à traiter autrui comme un objet »3. En effet Rogers nous dit que ces attitudes « ont peu de chances d’être aidantes. » et j’ajouterai qu’elles peuvent avoir un effet dévastateur sur la personne. Autrement dit « une évaluation faite par autrui ne saurait me servir de guide »4. Mon expérience, mes ressentis sont les seuls indicateurs valables sur lesquels m’appuyer.

Quand la personne s’appuie essentiellement sur ce lieu d’évaluation externe, donc sur d’autres personnes, elle ne se fait pas confiance, ne s’écoute pas. Cette façon de fonctionner peut amener une pathologie. En tout cas, pour ce qui me concerne, avec l’aide d’une thérapeute formée à la symbolique des maladies, nous avions décortiqué le pourquoi du lymphome. Et j’étais tout à fait dans ce qui est décrit plus haut.

 

1C. ROGERS et G, MARIAN KINGET, Psychothérapie et relations humaines, Ed. Beatrice Nauwelaerts, Paris, 2ème édition, 1965, p. 196, 197.

2C. ROGERS,  Théorie de la personnalité en 19 propositions, in Client centered therapy, 1951, traduction de F. Ducroux-Bias, M. Mus et S. Daix, proposition n°9.

3C. ROGERS, Le développement de la personne, Paris, Ed. Dunod 1968, p. 36.

4Ibid., p. 21.

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