Pourquoi je continue à aller aux rendez-vous avec mon oncologue ?

Il est vrai que la question se pose : pourquoi continuer ce suivi avec l’oncologue ? la prise de sang peut être lue par mon médecin traitant et l’examen qui consiste à palper les zones de ma personne où il pourrait y avoir des ganglions suspects, est facilement réalisable par mon médecin traitant. Donc pourquoi aller aussi loin, voir « mon »oncologue, pour un quart d’heure d’entretien, qui, il faut bien le dire, ne m’amène rien de plus.

time-481445_960_720Si si, il faut y aller !

Vous êtes dépressive !

Mon souhait est qu’elle voit mon évolution : je suis guérie, certes. Mais est-ce que ça s’arrête là ? Non. Il y a les suites. Je m’explique : l’après peut-être au moins aussi difficile à vivre et à gérer que le pendant. Après les soins j’en suis sortie très affaiblie. Reprendre une vie normale n’est pas simple. Lorsque j’ai repris une activité professionnelle j’en avais envie et me sentais de le faire, et j’avais besoin de sous. Or je ne m’étais remis en situation et de fait je me suis affaiblie et j’ai dû arrêter. La fatigabilité, le manque d’endurance me tiennent toujours. Et qu’est ce que j’entends lors de l’entretien avec mon oncologue : « Vous êtes dépressive, c’est tout. » Aller, encore une pilule quelque peu difficile à avaler. Dans un premier temps je suis en colère, car je sais que je suis pas dépressive ; parfois déprimée de ce manque d’énergie qui me limite énormément dans mes activités du quotidien.

Allez voir quelqu’un d’autre !

Je finis par concéder que je vais étudier cette piste parce qu’effectivement on ne sait jamais. Du coup la discussion évolue. Le médecin me prescrit un bilan des glandes surrénales. Et là je pose une question : « c’est peut-être les traitements qui m’ont fatigués ? » Point d’interrogation qui n’en est pas vraiment un, en fait. « Les traitements, il fallait les faire, on ne va pas revenir en arrière ! ». »Ben…non. Ce n’est pas ce que je dis. » »Oui, ben je ne sais pas moi ce que vous avez ! Ce n’est pas de mon ressort, allez voir quelqu’un d’autre ! ».

Bon ok. Là je comprends qu’elle a atteint ses limites et que c’est difficile à accepter, que sortie de la pathologie pour laquelle je vais dans cet hôpital, pour laquelle je suis suivie depuis quatre ans et demi, elle ne sait pas. Elle est tellement spécialisée, que finalement cela devient limitatif. Et que surtout, elle ne voit pas la personne dans sa globalité, dans sa réalité entière.

J’ai passé les tests psy qu’elle souhaitait me voir passer et qui disent que je ne suis pas dépressive. Mes surrénales vont bien merci. Elle a donc les résultats des personnes compétentes, sous entendu que je ne suis pas compétente pour parler de moi. Donc voilà pourquoi je souhaite toujours la rencontrer pour l’amener à comprendre que l’horizon médical va bien au-delà du lymphome.

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