Prémices de distanciation

Dans ce qui suit, je livre diverses réflexions que je me suis faites sur ce que je vivais et essayant de prendre de la distance, de décaler mon regard. Mon but est d’objectiver le plus possible le vécu.

Donner du sens

Donner du sens à ses expériences : ce sens va donner une direction à l’existence, il va donner un élan et on comprend bien aujourd’hui que ça génère de l’espoir et que cet espoir est indispensable pour vivre.[1]colorful-1197313_960_720

Je ne me suis jamais sentie dans la lutte, mais dans la compréhension, j’ai cherché à donner du sens. Donner du sens pour ne jamais perdre le contact avec ce qui est en cours. Je suis concernée par ce qui se passe. Deux de mes amis, me disaient : « quand on te voyait faire, c’était comme une danse ». J’ai pris la situation à bras le corps. Le processus m’a d’abord entraînée, puis le mouvement s’est inversé petit à petit.                                                Une direction à l’existence

Effondrements

Quand je rentre dans la maladie tous les repères s’effondrent. Petit à petit je reconstruis ma vie le temps des traitements et en fonction des traitements puis  quand ça s’arrête, ces repères-là s’effondrent aussi et il faut en remettre d’autres en place. C’est compliqué.

C’estress-441461_960_720st très compliqué car la maladie nous bouscule et ce qu’on va remettre en route ne doit être pas comme avant. Et du coup j’ai ça à l’esprit et je me questionne ou plutôt je m’écoute sur chaque chose que je mets en place ce qui implique pour moi et envers moi : beaucoup d’écoute et de respect de moi.

Quand les soins se terminent, c’est le grand vide à nouveau, il faut que je reconstruise d’autres repères que ceux donnés par la maladie, les traitements.

 

Chacun sa place, son rôle

Mary : « Je veillais toujours mais je ne nourrissais pas d’inquiétude. Si à un moment donné j’avais vu que tu avais décroché, je te l’aurais dit. Mais du coup j’avais pas besoin, tout le monde était à sa place. C’est comme si du coup, il y avait une espèce de magie aussi qui a fait que tout le monde a trouvé une place, tout le monde avait son rôle sa place, chacun sur son plan, chacun à son niveau suivant sa disponibilité relationnelle et concrète et sur tous les plans, voilà. »

Guérir ? Mais pourquoi faire ?

Ne pas vouloir guérir : il y a des bénéfices secondaires à rester dans l’état de la maladie, parce qu’il y a un entourage plus prévenant, parce qu’il y a des avantages divers à rester dans cette fragilité.[2]

Entretien avec Valérie Racaud-Mignonat : « On avait aussi travaillé sur guérir mais pourquoi faire ? Par la maladie tu prenais de la valeur ; pour être aimée entourer, aidée il faut être malade. Et on avait travaillé là-dessus pour te sortir de là. Je t’avais posé la question de guérir pour quoi faire, quels sont tes projets ? Et j’avais noté ton ambivalence ; d’où la nécessité de te mobiliser. »

A un moment donné dans ce parcours de soins, de guérison, je me suis vraiment dit que j’étais bien là-dedans. Beaucoup de personnes me témoignent de l’attention, c’est dopant et du coup je me pose la question de savoir si ce ne serait pas aussi bien, voire mieux d’y rester.

[1]Dr T. JANSSEN in J-Y. BILIEN, Les chemins de la guérison, [documentaire], Big Bang Boum Films, année inconnue.        

[2]Dr T. JANSSEN in J-Y. BILIEN, Les chemins de la guérison, [documentaire], Big Bang Boum Films, année inconnue.        

 

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