LE PROCESSUS THÉRAPEUTIQUE, LE THÉRAPEUTE, L’APPRENTISSAGE (3)

2) Le Sherpa a une connaissance parfaite du terrain. Même si le sentier que j’aurai choisi d’emprunter lui est inconnu, le fait d’être un familier de ces rudes montagnes et d’être entraîné à vivre dans ces grands espaces, sera de nature à faciliter mon voyage. En raison de cette expérience acquise, il sera en mesure de reconnaître des pistes à peine visibles, recouvertes de neige et de buissons,mountain-690104_1920 qu’il me signalera, augmentant ainsi mes choix quant au chemin à suivre. Il pourra aussi me soutenir en me procurant l’adresse nécessaire pour grimper ou pour traverser une rivière. Il pourra déceler les signes avant-coureurs d’un orage qui ne me seraient pas perceptibles, en m’aidant à m’y préparer et à m’abriter pendant son passage. Il sera à même de m’encourager à dépasser mes fantasmes de peur qui me paralysent ; de m’aider à dépister les empreintes de pas des léopards des neiges et des yacks, augmentant ainsi mes connaissances sur les conditions de la montagne. Il pourrait aussi, si je me trouvais trop absorbée par mon propre sentier, me taper légèrement sur l’épaule pour m’inciter à regarder le paysage autour de moi, attirer mon attention sur un sommet d’où jaillit une cascade en milliers de gouttelettes éclatant au soleil, myriades d’arcs-en-ciel aux couleurs vibrantes se détachant sur l’azur. Si j’atteins des hauteurs jusque là inexplorées où je crains de manquer de souffle au point que la vie pourrait me quitter, le Sherpa me procurera de l’oxygène et me démontrera qu’il s’agit seulement de s’adapter à un niveau plus élevé. Je jetterai alors un coup d’oeil alentour et m’apercevrai qu’à cette altitude, la perspective est d’une beauté poignante, et que gorges et précipices ne sont plus aussi terrifiants. A cette altitude, mon guide me rappellera, qu’il est important de se mouvoir lentement, avec précision et attention.

3) Le Sherpa m’aidera à porter mes bagages. suitcases-1181806_1920En répartissant le poids du fardeau, la lourdeur du chargement deviendra plus supportable, et mon énergie ainsi libérée me permettra de poursuivre mon chemin, de découvrir et de jouir de ce qui m’entoure. Mon courage à continuer ma route dépendra donc de mon sentiment de sécurité quant aux moyens dont nous disposerons pour nous alimenter tout au long du parcours. En fait, je ne pourrais en aucune façon porter toute seule suffisamment de nourriture, d’oxygène, de médicaments et d’équipement pour assurer mon voyage.

4) Le Sherpa sait que Shambala existe, et que je ne pourrai y accéder que par un chemin choisi par moi seule. Même s’il avait connaissance de raccourcis, il ne me les ferait pas prendre. Car le seul moyen de parvenir à Shambala passe par le cheminement personnel de chacun dans la recherche de sa propre voie. Lorsque nous traverserons des plateaux ou des gorges sombres et étroites, lorsque nous aurons à dévaler le flanc d’une montagne pour reprendre une nouvelle ascension, et que je pourrais perdre le sens de ma direction, il me rassurera quant à l’existence de Shambala malgré les détours empruntés. Sa foi et son espoir m’encourageront ainsi à poursuivre mon voyage.

frog-897420_1920…à suivre…

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