La question du soin : je te soigne, tu me soignes, je me soigne

Conjuguer soigner

Ces différentes conjugaisons du verbe soigner pose la question de savoir ce qu’est le soin.
Qu’est-ce que le soin ? Prendre soin ? De quels soins parle-t-on ? Soins à l’animal ? A l’enfant ? Au malade ? Y a-t-il un fond commun ? Des différences ?
Que trouve-t-on comme définitions dans le dictionnaire1 :
« Soin : prendre soin de, s’occuper de, veiller. Soigner ; attention, prévenance. Actions par lesquelles on conserve ou on rétablit la santé »

Qui soigne qui ?

On ? Qui est ce on ? Qui soigne qui ? Quel est le type de relation impliquée dans celle du soin ?
Lorsque quelqu’un donne du soin à un autre, ce quelqu’un opère une action sur l’autre qu’il soit animal ou personne.
Lorsque un éleveur soigne ses animaux : il leur donne à manger, à boire, il les rentre à l’abri. C’est lui qui agit, qui choisit de le faire, quand le faire et quelles actions il va faire. Qu’il s’agisse d’animaux, de bébés, d’enfants, de malades, celui qui reçoit ces soins a rarement la possibilité de donner son avis, de choisir quand ses propres besoins doivent être satisfaits ; quels soins recevoir, à quel moment. Là nous voyons que ces personnes et ou animaux sont entrés dans un rapport de domination rarement conscientisé. Et j’en viens naturellement aux soins médicaux en structure hospitalière.

Exemple

Récemment, j’ai une conversation avec une infirmière qui travaille dans une structure pour personnes âgées. Elle se trouvait face au problème suivant : travaillant en équipe de nuit, elle se retrouve en conflit avec un collègue de travail. Faut-il demander l’avis à chaque personne recevant un certain type de soin, d’être réveillée ou non ?
Bien sûr cela m’a fait bondir, car pour le moment le soin est imposé à ces personnes qui n’ont pas leur mot à dire et elles sont réveillées chaque nuit.

Posture

Dans mon parcours, les médecins n’ont plus ne me demandaient pas mon avis. Ma posture était de prendre mon temps pour réfléchir à ce que je pensais être bon pour moi (je me soigne). Le pneumologue qui me suivait au début avait bien compris et balisait le temps en me disant : « on n’est pas à une semaine prés mais il ne faut pas trop tarder ». Ça je l’entendais et j’appréciais.
C’est sûr je n’ai pas les connaissances médicales pour décider de tout. Je considérais les médecins, les soignants comme des personnes ressource. Elles sont là pour la personne et c’est à la personne malade de décider de ce qu’elle va faire ou pas pour se soigner. Je dis bien « ou pas », car j’ai le choix de ne pas me soigner. Et j’ai le choix du soin.

Autonomie en interrelation

Pour moi ici il s’agit de l’autonomie en inter-relation. Je n’ai pas les connaissances médicales mais je sais où trouver des médecins ou des personnes pratiquant d’autres types de soins (médecines alternatives et complémentaires).
Je sait de quoi il a besoin. Si je ne peux me l’apporter moi-même je sais chercher/trouver la personne ressource.
Ces questions en amènent d’autres : celle de la relation : autorité ? Pouvoir ? Autre ?

1- Le Robert de Poche 2009.

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