Mon histoire (13) : fatigue, fatiguée, fatigable : quoi faire ?

Remonter la pente

En cette fin de mois d’août, je suis extrêmement fatiguée, épuisée physiquement. Je me tiens pour monter les marches. Si je m’accroupis je ne peux me relever sans aide. Je ne peux dormir sans chimie, je n’ai plus de résistance, et j’ai mal partout.hiking-1036972__180
Les premiers mois sont difficiles. Je fais de la kiné et du yoga pour me remuscler. Petit à petit les douleurs disparaissent. Je prends aussi des compléments alimentaires pour drainer, nettoyer mon organisme.
Au bout de 6 mois je me sens tellement bien que je me dis que je peux me remettre au travail. Une amie qui quitte son poste d’un magasin bio me propose pour la remplacer. En août, un an après l’arrêt des chimios je me remets au travail à temps partiel : 20 heures. J’ai une allocation adulte handicapée et une RQTH (reconnaissance qualitative de travailleur handicapé).
Je suis contente de travailler là, ça se passe bien.
Au bout de 6 mois nous changeons mes horaires de travail et diminuons le nombre d’heures à 16 heures. Je fatigue vite.
Encore 6 mois, le patron me propose un CDI. Il se passera deux mois entre la fin du CDD et le début du CDI. Je me repose le plus possible.
7 mois après le début de ce nouveau contrat, en mai, je m’écroule 2 fois avec 8 de tension. Je suis arrêtée. Les semaines passent, les mois passent. Je remonte à peine. Je suis très fatigable, je n’ai pas d’endurance. Mais le moral tient bon.
J’essaie toutes sortes de compléments alimentaires pour m’aider à récupérer : ça marche quelque temps, un peu. En fait rien n’y fait.

« Vous êtes dépressive ! »

Je ne comprends pas bien ce qui se passe. Pourquoi suis-je aussi fatiguée, fatigable ? Je sais que je ne suis pas malade et les prises de sang, le suivi médical le confirment.
« Vous êtes dépressive ! » Bien sûr ! Je n’y avais pas pensé ! C’est la première réponse que l’oncologue me donne. Dans un premier temps, la colère me gagne. Je sais que je ne suis pas dépressive, même si parfois je suis déprimée par mon état. Ces phases ne durent jamais bien longtemps. Je propose à ce médecin d’explorer cette piste afin que nous puissions avancer dans la discussion. Je lui suggère que les traitements y sont peut-être pour quelque chose ? « Il fallait les faire, on ne va pas revenir en arrière ! ». Mais ce n’est pas ce que je dis ! Et de me dire « je ne sais pas moi ce que vous avez ! Ce n’est plus de mon ressort, allez voir un psy ! ». Bon, restons calme. Ok, je vais explorer cette piste-là. L’atmosphère se détend un peu et le médecin me propose de me faire rencontrer l’infirmière psy du service qui suit les patients au long court (tient c’est la première fois que j’en entends parler, en 4 ans). Et puis elle me prescrit un test pour voir si les surrénales fonctionnent bien. L’infirmière psy me donne des questionnaires à remplir. Le résultat est que je ne suis pas dépressive, bon ça je savais. Puis la discussion se poursuit, je lui raconte mon parcours. Finalement elle me dit ce qu’elle en pense : « Peut-être avez-vous repris le travail trop tôt et vous vous êtes épuisée. Je pense que des séances de kiné vous feraient du bien, en reprenant à zéro. »
Là, je me suis sentie écoutée, comprise et non pas jugée. Je sens aussi que ce qu’elle me dit est juste.
Le test pour les surrénales révèlent qu’elles fonctionnent bien aussi.
Donc je démarre les séances de kiné. Et je commence gentiment à récupérer. J’ajouterai aussi, que depuis le mois de juin, j’ai pratiquement arrêté le gluten (de blé surtout), et je me rends compte que j’ai moins de douleurs articulaires, que ma souplesse revient, et plus d’hypo.

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